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Andà è vene : una libertà

Transports externes : repenser la desserte de la Corse




Le Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel de Corse (CESEC) a adopté à l’unanimité, lors de sa séance plénière du 28 juillet 2026, un rapport complet intitulé « Andà è vene : una libertà – Transports externes : repenser la desserte de la Corse ».
Ce travail, mené dans le cadre une commission ad hoc composée de 36 conseillers et réunie à 9 reprises entre 2024 et 2025, dresse un état des lieux des transports maritimes et aériens en Corse et propose des solutions pour en améliorer l’efficacité, l’équité et la durabilité.

Eclairer les enjeux de la continuité territoriale

La Corse, du fait de son insularité, dépend étroitement des liaisons maritimes et aériennes pour assurer la mobilité des personnes et des marchandises. Le système actuel, fondé sur les Délégations de Service Public (DSP), financé par la Dotation de Continuité Territoriale (DCT), permet de garantir des liaisons régulières et accessibles, mais il est aujourd’hui confronté à des défis majeurs :
Une enveloppe de la DCT sous-dimensionnée (187 millions d’euros par an, non réindexée depuis 2009),  Des déséquilibres économiques, avec des surcoûts pour le fret maritime et des inégalités tarifaires entre résidents et non-résidents Des risques juridiques, liés au droit européen sur les aides d’État et la concurrence Des enjeux environnementaux, avec l’intégration progressive des réglementations européennes (ETS maritime et aérien, zone SECA en Méditerranée)
Pour répondre à ces enjeux, la commission a mené 10 auditions avec des experts, opérateurs et responsables institutionnels, afin de recueillir des analyses objectives et proposer des solutions adaptées.

Objectifs de l'étude

Analyser le fonctionnement actuel des DSP maritimes et aériennes, ainsi que leur impact sur l’économie et la société corses Identifier les fragilités du système (coûts, concurrence, environnement) et leurs conséquences pour les usagers Proposer des pistes de réforme pour un modèle plus équitable, durable et résilient, en phase avec les exigences européennes et les besoins des Corses

Préconisations clés du CESECC

20 préconisations, structurées autour de 6 axes stratégiques :

1. Gouvernance et modèle de financement Lancer des « Assises du Transport Corse » pour associer tous les acteurs (Collectivité, État, opérateurs, société civile, experts) et définir une vision stratégique à 20 ans Pérenniser et réindexer la DCT auprès de l’État sur un indice pertinent pour couvrir la hausse des coûts structurels Explorer des financements innovants (Fonds social pour le climat de l’UE, partenariats public-privé) pour accompagner la transition écologique 2. Ciblage et ajustement des DSP Repenser la segmentation des besoins dans les contrats (continuité territoriale, urgences sociales/sanitaires, économie professionnelle, flux touristiques) Moduler les aides selon la saison (concentrer les compensations sur les périodes creuses, réduire les subventions sur les lignes très rentables) Renforcer les cahiers des charges avec des clauses sociales et environnementales (maintien du pavillon français 1er registre, décarbonation, branchements à quai) Traiter la question du tarif « Diaspora », pour faciliter les déplacements des Corses résidant hors de l’île 3. Réformes de rupture : vers de nouveaux modèles Scénario 1 : Créer une compagnie régionale maritime (SEML ou SPL) pour acquérir progressivement des navires modernes et écologiques Scénario 2 : Étudier l’abandon de la DSP au profit d’un modèle concurrentiel (comme aux Baléares), avec des Obligations de Service Public (OSP) ciblées et une aide directe aux usagers (75 % de réduction sur les billets pour les résidents) Scénario complémentaire : Diversifier les approvisionnements en développant des liaisons régulières avec l’Italie (Sardaigne, Toscane) via des OSP transnationales 4. Modernisation des infrastructures portuaires et aéroportuaires Lancer d’urgence la construction d’un grand port à Bastia (projet Portu Novu) pour résoudre l’inadaptation et l’insécurité du port Saint-Nicolas Accompagner la modernisation des autres ports (Porto-Vecchio, Ajaccio) et des aéroports (Figari, Calvi) Développer le projet « Corse Maritime Bas Carbone » (électrification des quais, hydrogène vert, cabotage propre) Concentrer les investissements sur 2 aéroports internationaux (Bastia, Ajaccio) pour une viabilité économique et environnementale 5. Intermodalité et aménagement du territoire Lier la DSP maritime au réseau de transport national terrestre (ferroviaire, routier)  Déployer le Schéma Régional d’Intermodalité (SRI) : connecter les flux externes et internes (fret ferroviaire depuis les ports, navettes de bus coordonnées, billettique unique) Réviser le PADDUC pour y intégrer les nouvelles modalités de transports et briser la planification « en silo » 6. Transition écologique et marché du carbone (ETS) Négocier une transition progressive pour les quotas carbone, plutôt qu’une exonération totale (contraire au principe pollueur-payeur) Transformer la contrainte environnementale en opportunité juridique : imposer des critères éco-responsables stricts dans les appels d’offres de DSP

​Pour aller plus loin


Rédigé le 27/10/2026 et modifié le 27/10/2026 à [HEURE]