PREMIU DI I LETTORI DI CORSICA 2026 : L'AUTORI PRIMIATI



PREMIU DI I LETTORI DI CORSICA 2026 : L'AUTORI PRIMIATI
 
Le gagnant de la compétition en langue française :
 
"La forêt de flammes et d’ombres", d'Akira Mizubayashi
Editeur :  Gallimard
 
 
Quellu ch’ hà vintu in lingua corsa :
 
"De toute éternité", de François Cucchi
Editeur : Òmara Editions
 

Le prix sera remis lors d’une cérémonie au cours du dernier trimestre 2026

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Le prix des lecteurs de Corse est une action conduite par la Collectivité de Corse pour promouvoir la lecture publique : l’originalité de ce prix, créé il y a plus de 20 ans, est que son jury n’est pas constitué d’experts ou de personnalités qualifiées mais de simples usagers des bibliothèques de l’île inscrits dans des clubs de lecture animés par les services de lecture publique de la Collectivité de Corse ainsi que par des agents municipaux de bibliothèques ou de bénévoles. Il permet de donner un autre point de vue que celui des grands prix nationaux sur l’actualité littéraire du genre roman (à l’exclusion donc des essais, de la bande-dessinée ou de la poésie). Les œuvres primées dans ces grands prix ne sont d’ailleurs pas éligibles au prix des lecteurs de la Collectivité de Corse. 
Le Prix des Lecteurs de Corse favorise ainsi du lien social à travers des discussions souvent très expertes autour de la littérature contemporaine, tout en favorisant la mise en réseau des bibliothèques de l’île. Les « clubs de lecture » des structures participantes sont des lieux particulièrement propices aux échanges. 
A la fin du mois d’octobre, deux listes de 8 ouvrages parus dans l’année sont arrêtées. L’une en langue française, l’autre en langue corse (selon le nombre de parutions).
Un premier vote intervient le 30 avril afin de réduire les deux listes à 5 ouvrages. Puis un deuxième vote, le 30 juin, qui couronne un seul titre dans chaque catégorie.
Chaque bibliothèque achète les livres des sélections. La Collectivité de Corse fournit le réseau des médiathèques territoriales ainsi que certains autres relais lecture. Elle organise la cérémonie de remise des prix en invitant tous les lecteurs et bibliothécaires ayant participé à l’opération ainsi que les auteurs primés et leur maison d’édition. 
Le prix n’est pas doté d’une récompense financière. 

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"La forêt de flammes et d’ombres", d'Akira Mizubayashi
Editeur :  Gallimard
 
Akira Mizubayashi est un écrivain japonais d'expression japonaise et française. Il est également traducteur. 

Une lectrice : 
« UNE FORET DE FLAMMES ET D'OMBRES
Un vrai roman : une situation  le départ des garçons celui pour la guerre Chine/Japon que l'on avait aussi dans "suite inoubliable" et qui revient ... elle a marqué très fort les japonais et décimé la jeunesse ou créé beaucoup d'invalides. Une intrigue, des  rebondissements.
La musique si présente dans son oeuvre, la musique comme source de résilience; ici couplée à la peinture, importance de l'art pour Mizubayashi des personnages très attachants, pleins de bienveillance, au caractère  "solide", qui suivent leur cap, qui aident le plus faible, le soutiennent...
D'où une histoire qui vous tient, une histoire dure, des scènes sombres mais dont la narration est empreinte de sérénité (est-ce un trait de l'âme japonaise? ) due au style ? à l'âme japonaise de l'auteur?... sans doute
Et puis ce style, la langue française ciselée dans sa simplicité, avec une élégance folle... dire que Akira écrit directement en français avec autant de finesse et de talent, c'est exceptionnel... Ce spécialiste de Jean-Jacques Rousseau  a l'habitude de dire "ma langue maternelle est le japonais, le français est ma langue paternelle"... ça m'enchante!!
Et encore: le voilà sorti de la recherche de leurs origines par ses personnages,  situation différente qui ne manque pas d'intérêt.
et toujours ce couple musique/art dans son inspiration... »
2025 - Photographie Francesca Mantovani © Éditions Gallimard

"De toute éternité", de François Cucchi
Editeur : Òmara Editions

François Cucchi est originaire de l'extrême sud de l'île. Passionné de littérature, il a suivi assidûment de nombreux ateliers de création et publié une multitude de textes en ligne ou dans le revue Litteratura. Il reçoit, en 2024, le Prix Altaleghe de la nouvelle dans la catégorie "Nouvelles adultes en langue corse" pour son texte Da quandu u mondu hè mondu. ll confirme aujourd'hui son talent en signant, en français et en corse, son tout premier ouvrage publié.

Ce recueil de douze courtes nouvelles trouve tout d'abord sa cohérence dans l'ampleur d'un sujet mêlant les époques et les lieux  pour aborder les thématiques majeures de la survie, de la conquête et de la domination et de l'existence du mal. François Cucchi y orchestre les destins de personnages variés, de gens ordinaires (5) placés dans des situations renvoyant parfois à un contexte historique qui sont confrontés à des choix et non exempts de contradictions. Eclairant leur candeur, leur courage et leur grandeur comme leur lâcheté, leur turpitude et leur abjection, il s'y interroge sur la nature humaine et son évolution en insérant l'homme dans l'éternel continuum prédateur des espèces luttant pour leur survie.

La composition soignée de De toute éternité en fait de plus un ensemble harmonieux. Les deux histoires encadrant le recueil mettent ainsi pertinemment en scène ces animaux partageant la terre avec nous. La fable animalière introductive (Fable d'après la guerre) se déroule dans une sorte de paradis dévasté, anéanti par l'arrivée des hommes et de leur guerre, et la nouvelle conclusive (Chasseurs sauvages) dont l'héroïne, une aigle, fut dressée par les hommes avant d'être réintroduite dans la nature sauvage de l'Altaï vient souligner ce qui distingue ces derniers des animaux. L'auteur a par ailleurs tenu à relier certaines de ses nouvelles : un personnage de la septième se retrouve ainsi le héros de la dixième et, dans la onzième, l'héroïne s'invente un aïeul imaginaire qui n'est autre que le héros de la cinquième, tandis qu'une remarque glissée dans la quatrième renvoie à la dernière, lui donnant tout son sens...
Le recueil s'avère enfin unifié par une écriture simple, fluide et finement suggestive, qu'il s'agisse des lieux où se déroulent ces histoires ou de leur chute - l'auteur évitant de conclure brutalement et invitant ainsi le lecteur à la réflexion.
© Òmara Editions