Rapport présenté
Avis du CESECC
Compte Financier Unique (CFU) 2025 de la Collectivité de Corse : une amélioration technique des ratios qui masque des fragilités structurelles et un besoin de vision prospective
Le Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel de Corse (CESEC) s’est prononcé sur le Compte Financier Unique (CFU) de la Collectivité de Corse (CdC) pour l’exercice 2025.
Ce document, qui clôture le cycle budgétaire, s'inscrit dans un contexte macroéconomique très contraint, marqué par la trajectoire de redressement des finances publiques imposée par l’État.
Si le CESEC prend acte du rapport et constate une amélioration globale des ratios de solvabilité (la capacité de désendettement redescend à 6,19 années et le taux d’épargne brute remonte à 14,69 %), l'institution formule de vives réserves quant à la composition de ces résultats et au manque d'adéquation avec les défis à long terme du territoire.
Le Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel de Corse (CESEC) s’est prononcé sur le Compte Financier Unique (CFU) de la Collectivité de Corse (CdC) pour l’exercice 2025.
Ce document, qui clôture le cycle budgétaire, s'inscrit dans un contexte macroéconomique très contraint, marqué par la trajectoire de redressement des finances publiques imposée par l’État.
Si le CESEC prend acte du rapport et constate une amélioration globale des ratios de solvabilité (la capacité de désendettement redescend à 6,19 années et le taux d’épargne brute remonte à 14,69 %), l'institution formule de vives réserves quant à la composition de ces résultats et au manque d'adéquation avec les défis à long terme du territoire.
- Des résultats financiers positifs mais en partie en trompe-l'œil :
- Hausse du solde global : Le résultat cumulé de la section de fonctionnement s'établit à 154,65 M€ (+21,57 %), permettant d'afficher un solde global positif de 23,63 M€ (en nette augmentation après plusieurs années de baisse).
- Des facteurs qui ne profitent pas directement aux Corses : Le CESEC tempère ces bons résultats techniques. Ils reposent en effet sur une combinaison de hausses fiscales (comme la taxe sur les cartes grises dont le cheval fiscal est passé de 27 € à 43 €), de surplus exceptionnels (50 M€ de Dotation Globale de Fonctionnement complémentaire et 10 M€ de reliquat d'excédent de l’Office des Transports) et, parallèlement, d’une forte baisse des dépenses d’investissement sous maîtrise d’ouvrage.
2. Alerte sur l'investissement et le secteur économique :
- Recul des chantiers et maîtrise d'ouvrage : Les dépenses réelles d’investissement fléchissent de -16,10 %, s’établissant à 366,37 M€. Plus inquiétant encore pour l'économie locale, les dépenses sous maîtrise d’ouvrage directe de la CdC (routes, bâtiments) s'effondrent de -30,38 % (110,23 M€ en 2025 contre 158,33 M€ en 2024). Bien que la CdC justifie cela par des décalages calendaires, le CESEC s'inquiète fortement de l’impact négatif de ce coup d'arrêt sur le tissu économique insulaire.
- Une dette globale en augmentation continue : Malgré un recours à l'emprunt légèrement inférieur à 2024 (111 M€ empruntés en 2025), la dette cumulée de la Collectivité continue sa course à la hausse pour atteindre un stock historique de 1,168 milliard d'euros.
3. L'urgence d'un pacte financier et fiscal avec l'État :
- Le problème de la Dotation de Continuité Territoriale (DCT) : Figé depuis 2009, le montant de la DCT n'est plus du tout adapté aux coûts exponentiels des dessertes maritimes et aériennes. Le CESEC estime que l'absence d'indexation représente un manque à gagner considérable : une indexation sur la TVA depuis 2017 aurait généré 40 M€ supplémentaires par an (et jusqu'à 100 M€ par an si elle avait été appliquée depuis 2009).
- Processus d'autonomie : L'assemblée demande que le processus institutionnel en cours permette d'acter rapidement un pacte budgétaire et fiscal efficient. Elle réclame par ailleurs que l'État fournisse enfin les données concrètes sur les flux financiers relatifs à la Corse pour baser les réflexions sur des éléments objectifs.
4. Évaluation sectorielle des politiques publiques :
- Environnement et budget vert : Alors que la CdC ambitionne de faire de la Corse un territoire pionnier du développement durable, le budget réel consacré à cet axe ne représente que 4 % du budget total de la CdC. Le CESEC dénonce une "inadéquation persistante" entre les objectifs affichés et les moyens alloués. De plus, il déplore l'absence d'annexe "budget vert" pour l'exercice 2025, tout en saluant l'engagement du Président de l'Exécutif de la réintégrer en 2026.
- Vétusté des collèges et lycées : Face à l’état de dégradation avancé de nombreux établissements scolaires, le CESEC prend note de la présentation attendue d'un plan de rénovation en octobre 2026 et insiste sur l'urgence des interventions.
- Ingénierie interne et sous-traitance : L'institution alerte la CdC sur son recours jugé "trop fréquent" aux Assistants à Maîtrise d’Ouvrage (AMO) externes, qui génère des coûts importants alors que la Collectivité dispose de ressources internes qualifiées.
Conclusion
Le CESEC de Corse prend acte du CFU 2025. Il invite la Collectivité à pérenniser l'effort de "toilettage" des autorisations de programme (61 M€ nettoyés en 2025) et insiste sur la nécessité absolue d'adopter, dans tous ses domaines de compétences, une véritable vision pluriannuelle de programmation pour sortir d'une logique de gestion à court terme.
Le CESEC de Corse prend acte du CFU 2025. Il invite la Collectivité à pérenniser l'effort de "toilettage" des autorisations de programme (61 M€ nettoyés en 2025) et insiste sur la nécessité absolue d'adopter, dans tous ses domaines de compétences, une véritable vision pluriannuelle de programmation pour sortir d'une logique de gestion à court terme.




