Direzzione di a lingua corsa










Discorsu d'Yvonne Griley, direttrice generale di a pulitica linguistica di a Catalogna

U festivale Linguimondi ci hà permessu d'accoglie à Yvonne Griley y Martinez, a direttrice di a pulitica linguistica di a Catalogna.



Autorités, Mesdames et Messieurs, bonjour à tout le monde.
 
Tout d'abord remercier vivement l’opportunité de participer au Primu festivale Linguimondi, cette célébration des langues européennes, grâce à l’invitation qui m’a fait Monsieur Sébastian Quenot, Chef du service du conseil linguistique de Direction de la langue corse de la Collectivité Territoriale de Corse.
 
Je suis totalement consciente que cette première rencontre est un événement très important pour la Corse, en ce qui concerne la visibilité de sa personnalité linguistique et culturelle dans l’environnement des pays et régions de l’Europe.
 
Je veux souligner que le fait d’être visible est très pertinent car en termes de langue nous ne sommes pas toujours capables de rendre connaissable la nature du bien que nous avons dans nos mains.
 
Nous vivons depuis longtemps entre le particulier et l’universel, d’un côté nous sommes les héritiers d’une grande diversité culturelle et linguistique, de l’autre, nous sommes les défenseurs de valeurs universelles. Une langue n'est pas seulement un moyen d'intercommunication, mais aussi un outil pour construire le monde. La langue est le patrimoine: patrimoine matériel, culturel, national, personnel, existentiel, et la Catalogne et son Gouvernement ont joué un rôle très clair: nous sommes souverains et nous voulons toujours être souverains pour décider les noms de notre vie quotidienne, le modèle de l’éducation pour nos enfants, les usages linguistiques des administrations qui ont une présence géographique en Catalogne, la présence de la langue dans les médias publics, même le respect des droits en matière de la communication institutionnelle.
 
Nous exerçons cette souveraineté en collaboration avec notre Académie de la langue, appelée Institut d’Estudis Catalans, avec les universités, l’Administration et les organismes sociaux. Nous travaillons aussi avec d’autres gouvernements de l’État espagnol, comme la Galice et le Pays Basque, ensemble, pour réussir les valeurs qui comprend la Charte Européenne des Langues Régionales et Minoritaires. Et nous travaillons dans l'excellence, convaincus que cette tâche, passée, présente et future apporte une contribution importante à l'héritage culturel du monde.
 
On est d'accord sur ce but, je n’ai aucun doute , et aussi qu’on partage avec la Corse un espace très important comme c’est le Réseau Européen pour la Promotion de la Diversité Linguistique, parmi lequel j’ai connu Monsieur Quenot, a qui je veux personnellement remercier l’opportunité de pouvoir être une voix ici, maintenant, pour vous expliquer notre expérience.
 
Plus qu’une conférence, je comprends qu’avec cette rencontre, commence l’opportunité d'échange et d'étude sur les différents modèles d’organisation et les différents modèles d’autorité en matière de langue.

Nous savons qu’il y a quelques jours le peuple corse a fait un pas en avant en approuvant une feuille de route pour promouvoir le statut officiel de la langue corse dans tous les domaines, et nous nous sentons très honorés d'être ici, dans ce contexte, en expliquant le fondement de notre politique linguistique.
 
Pour nous, il a été important au cours de l'histoire d'encourager la création de synergies parmi les institutions, parmi les universités, l’Administration et la société civile. Il s’agit des mondes différents, c’est vrai, parfois lointains, mais  mondes étroitement liés. Travailler ensemble, en recherchant les complicités, nous a rendu plus forts et a même facilité que les fruits de nos efforts aient étés beaucoup plus significatifs.

Je veux dire aussi que l'Administration du gouvernement catalan s'est efforcée d’être le moteur pour impulser et promouvoir, au-delà des frontières strictes de sa communauté administrative, toute l'activité en ce qui concerne l'amélioration et le prestige de la langue.
 
Premièrement, parce que le domaine linguistique du catalan est divisé en sept territoires qui dépendent à leur tour de quatre états : l'Andorre, l'Espagne, la France et l'Italie. Toutefois, la plus grande partie de la surface de la population, un peu moins de treize millions de personnes, est située en Espagne.

Et ensuite, parce que en plus de l'obligation de promouvoir la recherche et le travail scientifique, la Catalogne a également accepté le défi de promouvoir notre culture, notre identité et son internationalisation, dans un monde toujours plus globalisé.
 
La langue est le signe le plus évident de l'identité des territoires nationaux. La langue est patrimoine culturel collectif, et nous tous avons l’obligation de la conserver et de la transmettre aux générations futures.
 
Après ce préambule, peut-être un peu long mais à mon avis nécessaire, je voudrais faire un approche sur notre modèle organisationnel.
 
En ce qui concerne le cadre juridique,  l’article 3 du Statut d’Autonomie de la Catalogne de 1979, qui est une Loi de l’État, établit que « la langue propre à la Catalogne est le catalan » et que le catalan est la langue officielle de la Catalogne, comme l’est également le castillan (officiel sur tout l’Etat espagnol). Il établit enfin que la Generalitat doit garantir l’utilisation normale et officielle des deux langues, adopter les mesures nécessaires à en assurer la connaissance et créer les conditions permettant  d’arriver à la pleine égalité quant aux droits et devoirs des citoyens de la Catalogne.
 
Le cadre législatif nécessaire à l’application de cette politique a été initialement établi par la Loi 7/1983 du 18 avril de normalisation linguistique en Catalogne, approuvée à l’unanimité par le Parlement Catalan dans le but d’étendre la connaissance du catalan parmi la population.
 
Dans un second temps, les fonctions du gouvernement sont établies par la Loi du 1/1998 du 7 janvier de politique linguistique, avec la volonté d’étendre l’utilisation sociale du catalan et avec pour objectifs principaux de:
 
§  Consolider la politique du gouvernement concrétisée par la loi de 1983.
 
§  Promouvoir l’utilisation du catalan dans les secteurs juridiques et judiciaires et
 
§  Etablir une norme de promotion de l’usage du catalan dans les industries culturelles et linguistiques, les moyens de communication privés et le secteur socio-économique.
 
Le préambule à la Loi Catalane 1/1998 du 7 janvier de politique linguistique établit à l’article 2 que “le catalan est la langue propre de la Catalogne et la distingue en tant que pays”.
 
La langue catalane est un élément fondamental de la formation et de la personnalité nationale de la Catalogne, un instrument élémentaire de communication, d’intégration et de cohésion sociale des citoyens et du lien privilégié de la Catalogne avec les autres territoires catalanophones avec lesquels elle constitue une communauté linguistique qui, au fil des siècles et en version originale, a apporté une contribution de valeur à la culture universelle”.
 
Le Gouvernement de la Catalogne considère la politique linguistique comme l’une de ses priorités permanentes dans le renforcement de l’identité catalane et l’approfondissement de la cohésion sociale du pays.
 
En se prévalant de cette réglementation le Parlement et le Gouvernement de la Catalogne ont effectué une politique de support de la langue catalane, dont les objectifs fondamentaux sont :
 
·         Que tous les citoyens de la Catalogne connaissent suffisamment les deux langues officielles ;
 
·         Que le catalan ait la présence qui lui correspond en tant que langue propre du pays dans toutes les relations publiques.
 
Il faut dire aussi que le Statut d'Autonomie de la Catalogne, approuvé en 2006, marque un point d’inflexion en matière de langue: la reconnaissance du devoir savoir le catalan, comme l'espagnol, par toute la population de Catalogne. Ce devoir malheureusement a été diminué par une sentence du TC, qui date de 2010, et qui provoque des conséquences sur la perception de la citoyenneté sur les relations  Catalogne – État.
 
Je ne reviendrais pas dans cette affaire maintenant, mais je dirai que, en Catalogne, tous les gouvernements ont mis les moyens pour étendre la connaissance de la langue catalane, sans négliger l'espagnol. La politique linguistique appliquée dans une démocratie s’est assignée un objectif ambitieux concernant la nécessité de généraliser les compétences de la population en langue catalane, (un indice qui a atteint le 98% en compréhension de la langue et le 78% de la capacité de la parler).
 
En Catalogne et partout dans le monde, la réalité sociolinguistique agit comme la limitation objective la plus importante à réaliser de la politique linguistique. La forte pression de l’immigration dans les 10 dernières années a diminué, en général, le pourcentage de la connaissance et l’usage de la langue catalane, et a entraîné une augmentation de l’usage d’autres langues.
 
Le Gouvernement catalan dispose d'instruments réguliers d'analyse et d’évaluation de la situation sociolinguistique catalane, parmi les statistiques officielles (Pla d’Estadística nacional català), même parmi la collaboration avec des groupes de recherche universitaires et l’IEC, et les moyens pour nous de l’étendre à tous les territoires où le catalan est parlé.
 
Selon les données 2008 de cette Statistique officielle, la compréhension de la langue catalane est de 95% (parmi la population de plus de 15 ans) et le pourcentage en ce qui concerne la savoir parler, c’est de 78%. Ces indices, cependant, même s’ils sont élevés, cachent d'autres données qui peuvent être préoccupantes ou du moins des gages d'avertissement :
 
Selon l'Enquête d'Usages Linguistiques 2008 et les résultats du Baromètre sur la langue catalane 2010: la connaissance du catalan n’arrive pas à atteindre les mêmes niveaux de l'espagnol, laquelle est supérieure dans toutes les compétences, l'effet de la population immigrée a baissé, bien que légèrement, le pourcentage de personnes qui ont le catalan comme langue première, les capacités à comprendre, lire et parler le catalan a légèrement diminué, bien que n’arrivent pas à secouer leur capacité de résistance. Au contraire : I'effet d'introduire la langue catalane comme la langue de l'enseignement explique des meilleurs résultats en ce qui concerne la savoir écrire et le progrès intergénérationnel de la langue se fait évident.
 
Le catalan se distingue par des traits qui la situent parmi les langues européennes de moyenne démographie : son statut légal, sa démographie, sa situation sociolinguistique, son bagage linguistique : le catalan est une langue parfaitement codifiée, normalisée et standardisée dans un consensus académique et citoyen. Il a sa propre autorité linguistique, et ses propres ressources linguistiques.
 
Les taux de connaissance de la langue parmi les citoyens et des domaines d’utilisation dans lesquels elle est de plus en plus présente permettent d’affirmer que le catalan a surmonté sa condition minoritaire dans laquelle l’avait plongé le franquisme et que sa situation est toujours plus proche de celle de la langue de petits Etats comme c’est le cas de finnois, du norvégien ou du letton. La situation de la langue catalane en Europe nous permet de réclamer  reconnaissance internationale.
 

En écrivant cette intervention j'ai cru qu'il pouvait être aussi intéressant pour vous, de disposer de quelques coups de pinceau sur la procédure de normalisation et de promotion du catalan.
 
Le Gouvernement de Catalogne a établi aussi un suivi de mesures permanentes de soutien à la langue catalane, parmi lesquelles ont peut souligner celles appliquées dans les domaines suivants:
 
L’administration de la Generalitat et des collectivités locales :
La loi a établi que le catalan est la langue normalement utilisée par la Generalitat, les collectivités locales et le reste des administrations catalanes l’emploient normalement dans toutes leurs activités internes, comme langue de travail et dans les communications externes, comme langue de service. Malgré tout, le castillan est également utilisé dans les relations avec les citoyens qui le demandent.
 
En ce qui concerne la fonction publique, le Tribunal a déclaré que l’exigence de démontrer la connaissance du catalan pour accéder à la fonction publique de la Generalitat (même à la locale), est constitutionnellement correcte (STC 46/1991, du 28 février). C’est pourquoi, depuis 1991, la connaissance de la langue catalane est exigée, une exigence que la Loi 1/1998 recueille dans son article 11. Malgré l’incohérence des approches, cette réglementation ne s’applique pas aux fonctionnaires de l’Etat. 
 
Par rapport au système éducatif, il faut dire que, en Catalogne, le système éducatif dispense l’enseignement du catalan et du castillan à toute la population, de telle sorte qu’aucun élève n’obtiendra son certificat s’il ne démontre pas une connaissance des deux langues. En outre, le catalan est la langue véhiculaire et d’apprentissage à tous les niveaux de l’enseignement obligatoire et, depuis 1998, à l’université. Tous les étudiants reçoivent le même type d’enseignement, que ce soit dans le secteur public ou privé et il n’y a pas de discrimination liée à la langue de l’apprenant ou à l’origine géographique de la famille.
 
En ce qui concerne l’enseignement et l’éducation, le Tribunal déclare que la régulation catalane selon laquelle tous les enfants vont à un même type d’école, sans séparation pour des raisons de langue, est constitutionnellement adéquate et que, en vertu du principe de langue propre, la scolarisation sera en catalan à condition de garantir la connaissance des deux langues officielles et la non exclusion du castillan du système éducatif (STC 337/1994, du 23 décembre). Il a également déclaré que le droit fondamental des parents de choisir l’éducation de leurs enfants ne comporte pas le droit de choisir la langue de l’école (STC 185/1989, du 27 novembre et STC 19/1990, du 12 février).
 
Les principes de notre modèle éducatif catalan, appelé « d’immersion », sont les suivants :
 
- La présence adéquate de l’enseignement du catalan et du castillan doit être garantie dans les plans d’études, de sorte que tous les enfants, quelle que soit leur langue habituelle au début de l’enseignement, soient capables d’utiliser normalement et correctement les deux langues à la fin de leur éducation obligatoire ;
- Les élèves ne peuvent pas être  séparés par centres, groupes ou classes à cause de leur langue habituelle ;
- Le catalan est la langue véhiculaire et d’apprentissage dans l’enseignement non universitaire. Etant donné le caractère ouvert de la société catalane, qui reçoit des flux d’immigration importants, la Loi prévoit que les élèves qui s’incorporent tardivement au système éducatif doivent recevoir un soutien spécial et supplémentaire d’enseignement du catalan. En ce sens, des ateliers de langue spécifiques et des groupes spéciaux de conversation sont organisés.
 
Le système éducatif de la Catalogne remplit la fonction de former les citoyens sans les diviser pour des raisons de langue et garantis la connaissance approfondie du catalan et du castillan à tous les enfants, quelle que soit leur origine géographique ou leur langue maternelle, sans faire de discrimination.
 
Je voudrais mentionner aussi l’importance de l’enseignement du catalan aux adultes : la réalité sociolinguistique catalane oblige à promouvoir la connaissance du catalan mais elle exige une politique graduelle et progressive et il faut destiner encore d’abondantes ressources à l’enseignement du catalan aux adultes.
 
En 1976, certaines collectivités de citoyens et de nombreuses municipalités ont commencé à organiser des cours de catalan pour adultes. En 1983, la Generalitat a commencé à les subventionner. En outre, elle a formé les professeurs et favorisé la publication de produits didactiques adéquats.
 
A partir de 1989, l’enseignement du catalan aux adultes était organisé par le Consortium pour la Normalisation Linguistique en Catalogne, une entité dont fait partie la Generalitat, municipalités et conseils régionaux.
 
Le Consortium offre des cours à la population adulte sur tout le territoire catalan et couvrent différents niveaux, des plus élémentaires, qui apportent une connaissance nécessaire à l’expression orale, à ceux qui apportent un niveau d’expression écrite suffisant.
 
En ce qui concerne la normalisation et l’officialisation de la toponymie catalane, il faut dire que, en vertu de la législation catalane, les toponymes en Catalogne ont une seule forme unique, en catalan, dont l’utilisation sera de caractère général. Un travail systématique a été réalisé afin de rénover les plaques et panneaux de signalisation, de récupérer les noms traditionnels de rues, d’écrire les plaques en catalan et de donner aux nouvelles rues des noms liés au territoire.
 
La Commission de toponymie est chargé de localiser, étudier et normaliser la toponymie principale de la Catalogne et d’élaborer une nomenclature officielle dans tous ses effets.
 
Aussi, la normalisation et la diffusion de la terminologie catalane  sont importantes afin de promouvoir la présence du catalan dans l’activité socio-économique, scientifique et technique, il était essentiel de favoriser son adaptation aux besoins de la communication qui surgissent dans la société actuelle. C’est ainsi qu’en 1985, le Centre de Terminologie TERMCAT a été créé avec des fonds garantis du Département de la Culture.
 
Par rapport au soutien à la presse écrite, la radio et la télévision institutionnelle, c’est évident que le catalan a conquis une place significative dans la littérature, à la radio, et à la télévision et gagne du terrain dans des domaines comme la presse, la publicité, le secteur industriel et bien sûr, Internet.
 
Entre 1939 et 1976, la presse en catalan était interdite. A l’heure actuelle en Catalogne, il existe plusieurs journaux en catalan.
 
La radio et la télévision de Catalogne émettent normalement en catalan, qu’il s’agit de programmations propres ou de films qui sont toujours doublés.
La Loi 7/1983 prévoyait que la radio publique de la Generalitat devait normalement émettre en catalan, et la Loi 1/1998 établit des quotas d’émissions en catalan et de chanson catalane pour les stations privées, de telle sorte que la langue catalane soit utilisée la moitié du temps d’émission distribué également sur toutes les tranches horaires.
 
Le soutien au livre en catalan
La Loi établit que le gouvernement doit favoriser l’édition de livres en catalan et, en ce qui concerne le cinéma en catalan, le Gouvernement de la Catalogne tente d’augmenter l’offre cinématographique en catalan. L'année 2010, le Parlement de la Catalogne a approuvé la Loi de Cinéma, qui prévoit la présence de 50% de films en catalan. À ce moment nous sommes en voie de négocier son déploiement et application avec les grandes compagnies cinématographiques.
 
Dans le secteur économique, on tente de promouvoir l’utilisation du catalan par le secteur économique par des campagnes spécifiques.  Aussi, le Gouvernement et diverses organisations industrielles ont signés des accords de collaboration qui autorisent, par exemple, la rédaction intégrale en catalan des factures de compagnies des eaux, du gaz, d’électricité et de téléphone et que le catalan fasse son apparition dans la publicité et autres manuels d’instructions des produits - même si de façon limitée dans ce dernier cas -.
 
La protection de l’aranais
A l’extrême nord-ouest de la Catalogne, se trouve un territoire de quelques 500 km2 qui compte avec 6000 habitants, c’est le Vall d’Aran, où l’on parle l’aranais,  une variante de l’occitan.
 
Sous le nouveau Statut d'Autonomie de la Catalogne, la langue occitane est officielle dans le pays, avec le catalan et l'espagnol. Avec l’officialité de l’occitan, la Catalogne rend hommage mérité à la minorité nationale historique  qui existe dans son intérieur, et prend l’engagement non seulement d’assurer l'avenir de la langue, mais aussi son plein développement, avec le soutien des pouvoirs  publics. Le Val d'Aran compte avec dix mille habitants, dont la moitié ont l'occitan, l'aranais, comme sa langue propre.
 
C’est ainsi que la municipalité et le Conseil Général du Vall d’Aran travaillent normalement en occitan. L’enseignement primaire et secondaire est obligatoirement dispensé dans cette langue et une partie importante de l’enseignement se fait en aranais. Le Gouvernement de la Catalogne considère prioritaire la continuité de cette langue, uniquement reconnue sur le territoire catalan.
 
Il faut noter que le statut officiel de l'occitan peut nous donner une projection extérieure intéressante, car la politique linguistique en Catalogne peut attirer l'intérêt d’autres pays qui ont la volonté de protéger leurs minorités linguistiques.
 
La protection que nous avons donnée depuis la Catalogne à l’occitan est basée sur la conviction qu’une langue, soit petite ou grande, constitue une valeur identitaire. Une des personnes qui ont défendu, pendant la démocratie en Espagne, le model linguistique, Miquel Siguan, exprimait la pensée suivante:
 
Diccionario
 
 « L'expansion des principales langues de communication ne signifie pas nécessairement la disparition des langues mineures. Ce dont elles ont besoin, pour ne pas disparaître, c’est d'avoir une forme écrite qui rende possible leur enseignement, ce qui exige que l'on s'accorde sur la norme standard, et même avant, la volonté des locuteurs pour garder vivante l'utilisation de la langue. Une volonté que, dans de nombreux cas, ne sera pas suffisante et aura besoin d’une impulsion externe ».
 
Ce sont les mots d'un Européiste convaincu, convaincu également que la formation d'une Europe unie doit dériver plus de la culture que de l’économie, il a soutenu infatigablement que la véritable défense de la diversité linguistique européenne devrait se concentrer d'abord sur l'éducation, et aussi à multiplier les possibilités que toutes les langues, majeurs et mineurs, soient abordables et ayant accès à sa modernisation, afin qu'elles puissent devenir le véhicule des réalités contemporaines
 
J’aimerais dire, finalement,  que l’outil plus important que les langues aient, cependant, cependant, est la croyance sociale. Il faut leur donner les outils nécessaires pour le renforcement de la conscience et la force linguistique des nos parlants, qu’ils soient habituels ou qu’ils aient envie de le devenir.
 
Des initiatives comme cette d’aujourd’hui, représentent un outil précieux pour sensibiliser et donner à connaître la réalité de nos langues, pour pousser le prestige de la langue et de la culture, pour les projeter toujours en avant et pour en favoriser sa reconnaissance internationale.

Il me reste seulement que vous remercier à nouveau pour l’attention reçue et vous souhaiter une bonne et fructueuse continuation.
 

Merci beaucoup.