Le Patrimoine de Corse

Restauration de la Bandera de Carghjese



Valérie Marcelli et Céline Wallut, restauratrices textiles travaillent à la restauration d’un objet rare, provenant de la commune de Cargèse. Un drapeau à tête de maure, une Bandera, datée possiblement du XVIIIe siècle.
L’objet était entreposé plié, dans le bureau du maire. Sa restauration est aujourd’hui l’occasion d’en apprendre un peu plus sur cette œuvre atypique.
Figure 1. A bandera avant traitement, crédit photo Valérie Marcelli
Figure 1. A bandera avant traitement, crédit photo Valérie Marcelli

Description de l’objet (intérêt patrimonial)

Une tradition orale en fait l’ancienne propriété de Charles Louis de Marbeuf, marquis de Cargèse.  Il y aurait fait construire un château en 1768, qui fut détruit en 1793. Michel Popoff, ancien conservateur en chef au Cabinet des Médailles de la BNF, propose une autre interprétation, il pourrait s’agir aussi d’un pavillon de Marine. Le bon état de conservation de l’objet, nous pousserait à dire qu’il n’aurait pas été soumis aux intempéries et au vent. Il aurait pu néanmoins être utilisé à l’occasion de défilés ponctuels. Le drapeau est de format rectangulaire, le fond est écru et la bordure bleue. La tête de Maure est de très haute qualité picturale. Le tortil du bandeau est en effet, rarement aussi bien exécuté.
 
Figure 2. Détail du traitement de doublage
Figure 2. Détail du traitement de doublage

Description matérielle (la technique originale):

L’étoffe est filée et cousue à la main. La toile de laine est naturelle sur le fond et teinte en bleu foncé sur les bordures.
On distingue un dessin préparatoire bien détaillé, de couleur ocre rouge exécuté au pinceau fin. La tête de maure est peinte à l’huile directement sur l’étoffe et sans empâtement, les blancs sont laissés en réserve, c’est-à-dire non peint. La couleur de la peau est rendue avec un pigment ocre jaune ombrée par un pigment noir. La peinture imprègne l’étoffe des deux côtés et de ce fait le visage est parfaitement lisible aux deux faces. La peinture au revers est toutefois réhaussée par quelques touches de peinture noire.
 

Description des dégradations :

- Empoussièrement et salissures de nature indéterminées.
- Déformations et plis causés par son ancien mode de stockage.
- Usures et lacunes de support, liées aux insectes kératophages.
- Anciennes interventions non adaptées : pose de systèmes de suspension, modification du format, raccommodages.
- Couche picturale usée au niveau des plis et des coutures.




À la suite de la découverte du format original du drapeau, la restauration se fera en deux étapes.
 

Traitement effectué :

  • Dérestauration des ajouts non originaux : retrait des pièces de renfort, des tresses de suspensions.
  • Ouverture d’une couture récente (deuxième moitié du XXe siècle) maintenant le repli de la bordure bleue sur elle-même.
  • Dépoussiérage, nettoyage des taches à l’aide de solvants organiques.
  • Remise à plat des étoffes (effacement des plis et atténuation des déformations)
  • Doublage des étoffes, à l’aide de supports en toile de coton teints au plus proche du ton original.
  • Traitement des lacunes par des points de restauration.

Traitement à venir :

  • Repiquage léger des lacunes de la couche picturale (opération réalisée par Madeleine Allegrini, conservatrice-restauratrice de peintures)
  • Fabrication d’un support de montage adapté à la conservation et à l’exposition.
  • Montage du drapeau au support
Figure 4. Détail du traitement des lacunes par des points de restauration. Figure 5. Céline Wallut et Valérie Marcelli durant le traitement de conservation-restauration
Figure 4. Détail du traitement des lacunes par des points de restauration. Figure 5. Céline Wallut et Valérie Marcelli durant le traitement de conservation-restauration





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