Discorsu di a Presidente di l’Assemblea di Corsica di a sessione strasurdinaria di u 30 è 31 di lugliu di u 2026


Discours de Marie-Antoinette Maupertuis*, Présidente de l'Assemblée de Corse, prononcé le 30 juillet 2026 au cours de la séance extraordinaire




O Sgiò Presidente di l’esecutivu,
Cari cunsiglieri esecutivi,
Cari cunsiglieri à l’Assemblea di Corsica
Care è cari tutti,

Depuis plusieurs semaines, la Corse, l’Europe et l’ensemble du bassin méditerranéen traversent des épisodes climatiques d’une ampleur exceptionnelle.
Les chaleurs extrêmes, les tensions sur les ressources naturelles, les incendies ou encore les phénomènes météorologiques violents sont devenus les manifestations récurrentes d’une transformation profonde de notre environnement.
Ce que les scientifiques annonçaient depuis plus de trente ans n’appartient plus aux scénarios prospectifs : c’est désormais notre quotidien !
Les chiffres publiés la semaine dernière par Santé publique France nous obligent à prendre la pleine mesure de cette réalité. Entre le 17 juin et le 2 juillet, la canicule a été associée à 5 764 décès supplémentaires en France métropolitaine. Un bilan supérieur encore à celui de la tragique canicule de 2003.
Ils nous rappellent avec brutalité que les conséquences du changement climatique ne se mesurent plus seulement en degrés, en courbes de température, en baisse de productivité ou en perte de biodiversité mais désormais en souffrances humaines.
Ils nous confrontent également à une réalité difficile à accepter : en 2026, dans un pays riche, supposé disposer d’infrastructures et de moyens parmi les plus développés au monde, des milliers de personnes demeurent exposées au point de mourir sous l’effet de la chaleur.
Pour la Corse, cette réalité revêt une dimension particulière car notre cohésion sociale, la solidarité inter-générationnelle et l’engagement collectif nous permettent d’éviter les catastrophes. Mais jusqu’à quand ?
Notre île concentre en effet tous les risques climatiques et naturels contemporains.
D’abord, parce que nous sommes une île méditerranéenne et que la Méditerranée est identifiée comme l’un des espaces du monde où les effets du changement climatique se manifestent le plus rapidement et le plus intensément.
Ensuite, parce que notre territoire concentre un grand nombre des vulnérabilités identifiées par la communauté scientifique : la raréfaction de la ressource en eau, le risque incendie, l’érosion du littoral, les atteintes à la biodiversité, les pressions foncières ou encore la fragilisation de certains équilibres économiques et sociaux.
Ces évolutions ne relèvent plus de projections lointaines. Elles sont déjà à l’oeuvre !
Nous constatons chaque année une pression accrue sur la ressource en eau.
Nous observons des épisodes de chaleur plus précoces, plus fréquents et plus longs.
Nous assistons à la fragilisation progressive de nos écosystèmes et à une multiplication des événements extrêmes.
Face à cette réalité, notre institution n’est pas demeurée dans l’attente.
Au cours des dernières années, sous l’impulsion du Conseil exécutif, nous avons progressivement fait évoluer nos politiques publiques afin d’intégrer ces nouveaux défis : prospective, protection du foncier, préservation des ressources naturelles, adaptation de nos outils de planification, accompagnement des territoires, développement de la transition énergétique et écologique, renforcement de notre capacité d’anticipation.
Chers collègues, au moment même où nous nous réunissons, notre île est toujours confrontée à plusieurs incendies majeurs.
Je souhaite rendre hommage à l’engagement exemplaire des sapeurs-pompiers, des agents des SIS, des forestiers-sapeurs, des forces de sécurité, des élus locaux et de l’ensemble des personnels mobilisés sur le terrain.
Leur courage, leur professionnalisme et leur sens du devoir forcent notre reconnaissance.
Je souhaite également saluer l’élan de solidarité remarquable de nos concitoyens, de notre tissu associatif, de nos confréries, qui se sont organisées pour soutenir nos forces de secours.
Ces incendies nous rappellent, chaque été, que l’adaptation au changement climatique n’est pas une notion abstraite. Elle est une réalité humaine, opérationnelle et parfois dramatique. 

Je veux à ce titre adresser mes pensées et mon soutien aux régions françaises fortement touchées par des feux de forêt dévastateurs comme la Gironde, les Landes et le Var, à leurs habitants et à leurs forces de secours.
Cette réalité doit éclairer les débats dont notre Assemblée est aujourd’hui saisie.
Je pense naturellement au rapport consacré au foncier, aux discussions relatives au PADDUC et aux objectifs de sobriété foncière et de lutte contre l’artificialisation des sols.
Car ces sujets ne relèvent pas uniquement de l’aménagement du territoire.
La manière dont nous utilisons l’espace, dont nous préservons les terres agricoles, dont nous protégeons les espaces naturels, dont nous organisons l’habitat ou sécurisons nos ressources stratégiques détermine directement notre capacité de résilience face aux bouleversements à venir.
La question qui nous est posée est celle de la capacité de la Corse à demeurer habitable, vivable et transmissible aux générations futures.
Notre responsabilité collective est d’en prendre pleinement conscience et d’en tirer toutes les conséquences.
Ces débats qui nous réunissent aujourd’hui nous engagent à faire des choix lucides, cohérents et durables.
C’est le sens du travail conduit par notre collectivité et c’est, j’en suis convaincue, la responsabilité qui doit continuer à nous rassembler au service de la Corse.

À ringrazià vi !
 

* Seul le prononcé fait foi


Rédigé le Jeudi 30 Juillet 2026 modifié le Jeudi 30 Juillet 2026

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