O Sgiò Presidente di l’esecutivu,
Signora Preisdente di u CESEC,
Cari cunsiglieri esecutivi,
Cari cunsiglieri à l’Assemblea di Corsica,
Care è cari tutti,
Cette session s’ouvre au lendemain des élections municipales 2026.
Dans chaque commune de Corse, des femmes et des hommes, dont bon nombre d’entre vous font partie, se sont engagés avec conviction. Ils ont porté des projets, confronté leurs idées, parfois leurs visions, toujours avec cette volonté de servir leur territoire et leurs concitoyens.
Le verdict des urnes est désormais connu, largement commenté et analysé mais je tiens néanmoins à féliciter l’ensemble des nouveaux élus. Et je félicite aussi tous les autres candidats ainsi que les électeurs car nous avons un taux de participation exceptionnel, il faut bien le dire. In Cismonte 69 %, in pumonte 68 % pour une moyenne française de 57%. In corte parolle, in Corsica a pulitica piace e demucrazia hè viva ! Et je tiens également à rappeler, dans l’enceinte de cette Assemblée de Corse qui est un lieu de débat, parfois d’opposition, mais surtout un lieu de responsabilité, que la démocratie appartient à tous. E ghjè forse quessu risultatu u più bellu. A demucrazia hè di tutti è fatta per tutti !
Elle appartient à ceux qui ont gagné, à ceux qui ont perdu, à ceux qui nous ont précédés et à ceux qui viendront.
Mais celles et ceux qui ont été élus et réélus portent désormais une responsabilité particulière. Une exigence d’exemplarité, de constance, et d’engagement au service de l’intérêt général.
Beaucoup d’entre vous, qui avez été maire, qui êtes maire ou conseiller municipal, le savez bien : être maire, être conseiller municipal, ce n’est pas un statut. C’est un engagement total.
C’est être à l’écoute, en permanence.
C’est arbitrer, parfois dans la difficulté.
C’est décider le plus souvent dans l’urgence et parfois en déplaisant.
Et c’est surtout chercher à rassembler, toujours et encore.
Dans une période marquée par les doutes, les tensions et parfois la défiance, les Corses attendent de vous et de nous des réponses concrètes à leurs préoccupations du quotidien.
Je pense d’abord au logement.
La difficulté à se loger, à accéder à la propriété, à se maintenir sur sa terre, « le droit de rester » comme le dit l’Union Européenne, est devenue une réalité pour trop de familles, pour trop de jeunes. Cette situation alimente inévitablement un sentiment d’injustice et de dépossession que nous ne pouvons ignorer.
Nous aurons l’occasion d’en débattre et de proposer des solutions à l’occasion de l’examen du rapport de « Una casa per tutti, una casa per ognunu pour la période 2026-2031 » puis du rapport d’information « relatif au cahier des charges anti-spéculation pour l'attribution des logements en primo-accession de l'Office Foncier de la Corse ».
Je pense ensuite au pouvoir d’achat, dont nous avons parlé à travers la problématique du carburant.
La cherté de la vie en Corse n’est pas une réalité nouvelle, mais elle s’est aggravée. Elle pèse sur les ménages, sur les travailleurs, sur les retraités. Elle fragilise les équilibres sociaux.
La hausse des prix du carburant directement liée à la situation internationale, aux tensions géopolitiques, vient se surajouter, à des contraintes déjà fortes d’insularité.
Ici plus qu’ailleurs, le carburant n’est pas un confort, ce n’est pas une option. C’est une nécessité.
Pour travailler.
Pour se déplacer.
Pour vivre simplement.
Cette accumulation de difficultés crée une pression forte sur notre société.
Notre devoir est d’agir, avec les moyens qui sont les nôtres, mais aussi avec détermination, en portant ces enjeux au plus haut niveau.
Et nous avons d’ailleurs déjà entendu tout à l’heure les réponses du Conseil exécutif lors des questions orales que vous aviez posées.
Nous aurons donc l’occasion d’en redébattre notamment lors de l’examen de la motion déposé par le groupe Fà populu inseme pour « l’association de la Collectivité de Corse aux missions parlementaires relatives au prix des carburants et à la cherté de la vie ».
C’est dans ces moments que le rôle de l’action publique prend tout son sens. Nos institutions doivent être des outils pour protéger, pour accompagner, pour corriger les déséquilibres.
Et cela suppose une action cohérente, coordonnée, et surtout guidée par un seul objectif : l’intérêt général.
Enfin, permettez-moi, dans cette réflexion sur notre vie démocratique, de rendre hommage à Lionel Jospin, figure majeure de la vie politique française qui s’est éteint le 22 mars dernier. Son rôle dans la signature des accords de Matignon constitue un moment important dans l’histoire contemporaine de la Corse. Il vint d’ailleurs, en tant que Premier Ministre, à cette tribune et nous lui devons de nous en souvenir.
À une période où les tensions étaient fortes, où les perspectives semblaient largement incertaines, il a su ouvrir un chemin. Un chemin fondé sur le dialogue, sur la reconnaissance, sur la volonté de construire une solution politique.
Alors que nous attendons de pied ferme, l’ouverture des débats parlementaires sur le statut d’autonomie de la Corse, cet héritage, et celui de tous ceux qui ont œuvré alors, nous engagent de part et d’autre.
Il nous rappelle que les avancées les plus importantes ne naissent ni de l’affrontement permanent, ni de la discorde, ni du renoncement, mais de la capacité à dialoguer, à comprendre, et à bâtir dans la durée.
Et ce sont ces qualités foncières dont vous avez fait preuve me semble-t-il, Monsieur le Président de l’exécutif, au cours des 3 mandats que les Corses, à travers cette assemblée, vous ont confiés successivement en 2015, 2017 et 2021.
Monsieur le Président de l’Exécutif, si j’y fais référence, c’est que vous avez annoncé votre intention de démissionner du mandat de Président de l’Exécutif en suite de votre élection comme maire de Bastia le 29 mars dernier et je ne puis éluder ce sujet.
Evidemment certains ne me reconnaîtront pas le droit de faire l’éloge d’un président ami et, j’en conviens volontiers : c’est l’Histoire qui dira si effectivement cette fonction tant enviée par les hommes politiques de notre île, et à laquelle vous avez décidé de renoncer aujourd’hui, a été remplie conformément à vos (nos) engagements devant le peuple, engagements pris d’ailleurs sur la Ghjustificazione di a Revoluzione di Corsica.
Mais je peux témoigner que vous vous êtes pleinement engagé - corps et âme et au sens propre - pour faire le bien, et faire le bien pour ceux qui en avait le plus besoin, avec constance, honnêteté, avec un sens de l’équité et de la démocratie qui force le respect !
Vous avez su dans une conjoncture faite d’une succession de crises majeures, et je ne vais pas les citer, mener de front simultanément des réformes structurelles exigeant opiniâtreté, énergie et capacité de rassembler au-delà de la majorité territoriale : le règlement sur les aides aux communes, le logement, les conférences sociales, les DSP maritimes et aériennes, la création de l’Etablissement Public Industriel et Commercial de Corse, la réduction de la fracture numérique avec le déploiement de la fibre sur tout le territoire, et j’en passe parce que nous ne sommes pas à l’heure du bilan et que la mandature ne s’achève pas…
Et surtout, à mon sens, vous avez révélé une « façon de faire de la politique » et en particulier produire de la politique publique qui constitue à n’en pas douter un changement de paradigme et désormais, je le pense sincèrement, plus rien ne sera comme avant 2015.
Siate ringraziatu o Sgiò Presidente per u vostru impegnu maiò à prò di l’interessi materiali è murali di i Corsi è di a Corsica !
È riparleremu di e cunsequenze pulitiche, organisaziunale mà dinò administrative di a vostra decisione dà cui à pocu.
À l’heure où nous ouvrons cette session et à la veille aussi d’un moment politique important pour notre institution, je veux formuler un vœu simple mais exigeant.
Que nous soyons, les uns et les autres, à la hauteur des responsabilités qui sont les nôtres.
Que nous sachions répondre aux attentes concrètes de nos concitoyens.
Que nous fassions vivre nos institutions avec sérieux et dignité.
Et que nous continuions à faire de la démocratie un outil au service du peuple corse.
A strada ver di l’emancipazione hè longa de volte ghjè ancu una stradaccia mà nulla ùn pò parà un populu in marchja.
À ringraziavi !
Bona sessione à tutti !
Signora Preisdente di u CESEC,
Cari cunsiglieri esecutivi,
Cari cunsiglieri à l’Assemblea di Corsica,
Care è cari tutti,
Cette session s’ouvre au lendemain des élections municipales 2026.
Dans chaque commune de Corse, des femmes et des hommes, dont bon nombre d’entre vous font partie, se sont engagés avec conviction. Ils ont porté des projets, confronté leurs idées, parfois leurs visions, toujours avec cette volonté de servir leur territoire et leurs concitoyens.
Le verdict des urnes est désormais connu, largement commenté et analysé mais je tiens néanmoins à féliciter l’ensemble des nouveaux élus. Et je félicite aussi tous les autres candidats ainsi que les électeurs car nous avons un taux de participation exceptionnel, il faut bien le dire. In Cismonte 69 %, in pumonte 68 % pour une moyenne française de 57%. In corte parolle, in Corsica a pulitica piace e demucrazia hè viva ! Et je tiens également à rappeler, dans l’enceinte de cette Assemblée de Corse qui est un lieu de débat, parfois d’opposition, mais surtout un lieu de responsabilité, que la démocratie appartient à tous. E ghjè forse quessu risultatu u più bellu. A demucrazia hè di tutti è fatta per tutti !
Elle appartient à ceux qui ont gagné, à ceux qui ont perdu, à ceux qui nous ont précédés et à ceux qui viendront.
Mais celles et ceux qui ont été élus et réélus portent désormais une responsabilité particulière. Une exigence d’exemplarité, de constance, et d’engagement au service de l’intérêt général.
Beaucoup d’entre vous, qui avez été maire, qui êtes maire ou conseiller municipal, le savez bien : être maire, être conseiller municipal, ce n’est pas un statut. C’est un engagement total.
C’est être à l’écoute, en permanence.
C’est arbitrer, parfois dans la difficulté.
C’est décider le plus souvent dans l’urgence et parfois en déplaisant.
Et c’est surtout chercher à rassembler, toujours et encore.
Dans une période marquée par les doutes, les tensions et parfois la défiance, les Corses attendent de vous et de nous des réponses concrètes à leurs préoccupations du quotidien.
Je pense d’abord au logement.
La difficulté à se loger, à accéder à la propriété, à se maintenir sur sa terre, « le droit de rester » comme le dit l’Union Européenne, est devenue une réalité pour trop de familles, pour trop de jeunes. Cette situation alimente inévitablement un sentiment d’injustice et de dépossession que nous ne pouvons ignorer.
Nous aurons l’occasion d’en débattre et de proposer des solutions à l’occasion de l’examen du rapport de « Una casa per tutti, una casa per ognunu pour la période 2026-2031 » puis du rapport d’information « relatif au cahier des charges anti-spéculation pour l'attribution des logements en primo-accession de l'Office Foncier de la Corse ».
Je pense ensuite au pouvoir d’achat, dont nous avons parlé à travers la problématique du carburant.
La cherté de la vie en Corse n’est pas une réalité nouvelle, mais elle s’est aggravée. Elle pèse sur les ménages, sur les travailleurs, sur les retraités. Elle fragilise les équilibres sociaux.
La hausse des prix du carburant directement liée à la situation internationale, aux tensions géopolitiques, vient se surajouter, à des contraintes déjà fortes d’insularité.
Ici plus qu’ailleurs, le carburant n’est pas un confort, ce n’est pas une option. C’est une nécessité.
Pour travailler.
Pour se déplacer.
Pour vivre simplement.
Cette accumulation de difficultés crée une pression forte sur notre société.
Notre devoir est d’agir, avec les moyens qui sont les nôtres, mais aussi avec détermination, en portant ces enjeux au plus haut niveau.
Et nous avons d’ailleurs déjà entendu tout à l’heure les réponses du Conseil exécutif lors des questions orales que vous aviez posées.
Nous aurons donc l’occasion d’en redébattre notamment lors de l’examen de la motion déposé par le groupe Fà populu inseme pour « l’association de la Collectivité de Corse aux missions parlementaires relatives au prix des carburants et à la cherté de la vie ».
C’est dans ces moments que le rôle de l’action publique prend tout son sens. Nos institutions doivent être des outils pour protéger, pour accompagner, pour corriger les déséquilibres.
Et cela suppose une action cohérente, coordonnée, et surtout guidée par un seul objectif : l’intérêt général.
Enfin, permettez-moi, dans cette réflexion sur notre vie démocratique, de rendre hommage à Lionel Jospin, figure majeure de la vie politique française qui s’est éteint le 22 mars dernier. Son rôle dans la signature des accords de Matignon constitue un moment important dans l’histoire contemporaine de la Corse. Il vint d’ailleurs, en tant que Premier Ministre, à cette tribune et nous lui devons de nous en souvenir.
À une période où les tensions étaient fortes, où les perspectives semblaient largement incertaines, il a su ouvrir un chemin. Un chemin fondé sur le dialogue, sur la reconnaissance, sur la volonté de construire une solution politique.
Alors que nous attendons de pied ferme, l’ouverture des débats parlementaires sur le statut d’autonomie de la Corse, cet héritage, et celui de tous ceux qui ont œuvré alors, nous engagent de part et d’autre.
Il nous rappelle que les avancées les plus importantes ne naissent ni de l’affrontement permanent, ni de la discorde, ni du renoncement, mais de la capacité à dialoguer, à comprendre, et à bâtir dans la durée.
Et ce sont ces qualités foncières dont vous avez fait preuve me semble-t-il, Monsieur le Président de l’exécutif, au cours des 3 mandats que les Corses, à travers cette assemblée, vous ont confiés successivement en 2015, 2017 et 2021.
Monsieur le Président de l’Exécutif, si j’y fais référence, c’est que vous avez annoncé votre intention de démissionner du mandat de Président de l’Exécutif en suite de votre élection comme maire de Bastia le 29 mars dernier et je ne puis éluder ce sujet.
Evidemment certains ne me reconnaîtront pas le droit de faire l’éloge d’un président ami et, j’en conviens volontiers : c’est l’Histoire qui dira si effectivement cette fonction tant enviée par les hommes politiques de notre île, et à laquelle vous avez décidé de renoncer aujourd’hui, a été remplie conformément à vos (nos) engagements devant le peuple, engagements pris d’ailleurs sur la Ghjustificazione di a Revoluzione di Corsica.
Mais je peux témoigner que vous vous êtes pleinement engagé - corps et âme et au sens propre - pour faire le bien, et faire le bien pour ceux qui en avait le plus besoin, avec constance, honnêteté, avec un sens de l’équité et de la démocratie qui force le respect !
Vous avez su dans une conjoncture faite d’une succession de crises majeures, et je ne vais pas les citer, mener de front simultanément des réformes structurelles exigeant opiniâtreté, énergie et capacité de rassembler au-delà de la majorité territoriale : le règlement sur les aides aux communes, le logement, les conférences sociales, les DSP maritimes et aériennes, la création de l’Etablissement Public Industriel et Commercial de Corse, la réduction de la fracture numérique avec le déploiement de la fibre sur tout le territoire, et j’en passe parce que nous ne sommes pas à l’heure du bilan et que la mandature ne s’achève pas…
Et surtout, à mon sens, vous avez révélé une « façon de faire de la politique » et en particulier produire de la politique publique qui constitue à n’en pas douter un changement de paradigme et désormais, je le pense sincèrement, plus rien ne sera comme avant 2015.
Siate ringraziatu o Sgiò Presidente per u vostru impegnu maiò à prò di l’interessi materiali è murali di i Corsi è di a Corsica !
È riparleremu di e cunsequenze pulitiche, organisaziunale mà dinò administrative di a vostra decisione dà cui à pocu.
À l’heure où nous ouvrons cette session et à la veille aussi d’un moment politique important pour notre institution, je veux formuler un vœu simple mais exigeant.
Que nous soyons, les uns et les autres, à la hauteur des responsabilités qui sont les nôtres.
Que nous sachions répondre aux attentes concrètes de nos concitoyens.
Que nous fassions vivre nos institutions avec sérieux et dignité.
Et que nous continuions à faire de la démocratie un outil au service du peuple corse.
A strada ver di l’emancipazione hè longa de volte ghjè ancu una stradaccia mà nulla ùn pò parà un populu in marchja.
À ringraziavi !
Bona sessione à tutti !
* Seul le prononcé fait foi