O Sgiò Presidente di l’esecutivu,
Signore è Signori i cunsiglieri esecutivi,
Signore è signori i cunsiglieri à l’Assemblea di Corsica,
Per sta prima sessione di u 2026 vi pregu, à tutte è tutti, un annata felice colma di Pace è di Saluta, pè voi, e vostre famiglie, à i Corsi, a salute sopratuttu. Si dice “A Pace à chi a face...” Pensu chì ùn ci simu ancu nè in Corsica… Nè aldilà di u mare…
En effet, ces premières semaines de janvier et de l’année ont déjà été égrenées par la violence sous toutes ses formes et à plusieurs échelles territoriales. Violences intolérables tout autant qu’innommables. Ces violences contre lesquelles Dominique Bucchini auquel nous venons de rendre hommage, s’est tant battu. Ce combat qu’il a porté à coeur ouvert, avec la conviction que la paix et la cohésion sociale sont les bases sur lesquelles il faut construire l’avenir, doit être notre héritage.
Et pourtant, en Corse, nous avons vécu en ce début d’année, un nouveau point de bascule dans l’expression de la violence criminelle dans notre île avec l’assassinat d’Alain Orsoni lors des obsèques de sa mère. Je pense à sa famille doublement meurtrie au cours de cette semaine funeste.
Mais je pense aussi à la jeunesse corse qui doit rester au centre de nos préoccupations. Et je n’oublie pas que de trop nombreux jeunes ont été des victimes innocentes meurent comme Chloé et Pilou.
Qu’il est essentiel de lui parler du futur apaisé auquel elle a droit.
Lui parler sans faux semblant, sans imposer une vision du monde et encore moins un discours moralisateur.
Lui dire que la violence sous toutes ses formes n’est pas une fatalité.
Qu’elle n’est pas endémique.
Qu’elle prend des visages divers et qu’il faut la combattre collectivement et courageusement.
Qu’elle annihile à la liberté, qu’elle est l’ennemie de la démocratie comme nous le démontre l’oppression des Mollahs sur leur propre peuple torturé, brûlé vif et assassiné.
Qu’elle nous ramène non seulement aux instincts les plus primaires et les plus vils mais surtout qu’elle nous fait basculer dans les abîmes de la peur, cette peur qui nécrose nos capacités individuelles et collectives à créer, à espérer et à être heureux.
Sur le plan international, de par notre positionnement géopolitique et notre nature insulaire, nous ne pouvons ignorer aujourd’hui l’escalade sans fin des discours belliqueux aux quatre coins du monde et de l’Europe, incursions et ingérences étrangères dont nous peinons encore à mesurer l’impact. Les principes de droit international et de souveraineté n’ont jamais été aussi fragilisés depuis la fin de la seconde guerre mondiale et la création de l’ONU. La menace qui pèse actuellement sur le Groenland, territoire autonome du Danemark depuis 1979, fait naturellement écho à la situation de toutes les autres îles au positionnement stratégique remarquable, dont la Corse fait partie. Cet argument fera peut-être sourire… Mais il n’est plus insensé aujourd’hui de considérer que la violence d’Etats dits « démocratiques » pourrait s’exercer sur d’autres territoires par pure logique de prédation.
Alors face à ces grands bouleversements, nous devons, entre guillemets, « équiper » notre jeunesse en lui transmettant, toujours, les leçons du passé, mais aussi et surtout, en lui confiant des outils pour décider du futur. C’est le sens de la démarche de Corsica Pruspettiva dont je vous présenterai les premiers résultats dans quelques instants. Le travail lancé début 2023 autour de 5 enjeux stratégiques : le changement climatique, le développement humain, les dynamiques économiques, les fractures et les continuités du territoire, les connectivités et les mobilités, les dynamiques institutionnelles. a vocation à alerter, mais également à offrir les clés pour anticiper et construire la Corse de demain. A l’horizon 2050 et plus encore, quel avenir souhaitons-nous collectivement pour nos enfants ?
Si les perspectives actuelles tendent à effrayer les plus pessimistes, l’Assemblée de Corse choisit aujourd’hui d’être du côté des lucides et des courageux, de regarder en face les défis qui se posent à notre territoire et surtout à la génération à venir afin d’y être préparés, et rester maîtres de notre destin. Nous avons déjà été précurseurs et visionnaires dans certains domaines comme la protection de notre environnement, la défense de notre identité, la réduction de la fracture numérique ou encore la maitrise de nos infrastructures stratégiques. Corsica Pruspettiva 2050 permettra de mettre en lumière les points sur lesquels il est vital d’aller encore plus loin compte tenu des enjeux précités.
J’ai bien conscience que la prospective n’est pas la matière la plus populaire, et probablement moins encore en période électorale de surcroit municipale, mais elle est décisive pour qu’un autre futur soutenable soit possible et je suis particulièrement fière, en tant que Présidente de cette assemblée, des travaux que nous avons menés tous ensemble, je remercie l’ensemble des membres du laboratoire de prospective et que nous continuerons à mener en ce sens.
En ce début d’année et vous renouvelant mes voeux de paix et de santé, je citerai ces mots de la grande Hannah Arendt : « Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible. Usez des voluptés présentes de manière à ne pas nuire aux voluptés futures. L’homme est l’avenir de l’homme ».
À ringrazià vi.
Signore è Signori i cunsiglieri esecutivi,
Signore è signori i cunsiglieri à l’Assemblea di Corsica,
Per sta prima sessione di u 2026 vi pregu, à tutte è tutti, un annata felice colma di Pace è di Saluta, pè voi, e vostre famiglie, à i Corsi, a salute sopratuttu. Si dice “A Pace à chi a face...” Pensu chì ùn ci simu ancu nè in Corsica… Nè aldilà di u mare…
En effet, ces premières semaines de janvier et de l’année ont déjà été égrenées par la violence sous toutes ses formes et à plusieurs échelles territoriales. Violences intolérables tout autant qu’innommables. Ces violences contre lesquelles Dominique Bucchini auquel nous venons de rendre hommage, s’est tant battu. Ce combat qu’il a porté à coeur ouvert, avec la conviction que la paix et la cohésion sociale sont les bases sur lesquelles il faut construire l’avenir, doit être notre héritage.
Et pourtant, en Corse, nous avons vécu en ce début d’année, un nouveau point de bascule dans l’expression de la violence criminelle dans notre île avec l’assassinat d’Alain Orsoni lors des obsèques de sa mère. Je pense à sa famille doublement meurtrie au cours de cette semaine funeste.
Mais je pense aussi à la jeunesse corse qui doit rester au centre de nos préoccupations. Et je n’oublie pas que de trop nombreux jeunes ont été des victimes innocentes meurent comme Chloé et Pilou.
Qu’il est essentiel de lui parler du futur apaisé auquel elle a droit.
Lui parler sans faux semblant, sans imposer une vision du monde et encore moins un discours moralisateur.
Lui dire que la violence sous toutes ses formes n’est pas une fatalité.
Qu’elle n’est pas endémique.
Qu’elle prend des visages divers et qu’il faut la combattre collectivement et courageusement.
Qu’elle annihile à la liberté, qu’elle est l’ennemie de la démocratie comme nous le démontre l’oppression des Mollahs sur leur propre peuple torturé, brûlé vif et assassiné.
Qu’elle nous ramène non seulement aux instincts les plus primaires et les plus vils mais surtout qu’elle nous fait basculer dans les abîmes de la peur, cette peur qui nécrose nos capacités individuelles et collectives à créer, à espérer et à être heureux.
Sur le plan international, de par notre positionnement géopolitique et notre nature insulaire, nous ne pouvons ignorer aujourd’hui l’escalade sans fin des discours belliqueux aux quatre coins du monde et de l’Europe, incursions et ingérences étrangères dont nous peinons encore à mesurer l’impact. Les principes de droit international et de souveraineté n’ont jamais été aussi fragilisés depuis la fin de la seconde guerre mondiale et la création de l’ONU. La menace qui pèse actuellement sur le Groenland, territoire autonome du Danemark depuis 1979, fait naturellement écho à la situation de toutes les autres îles au positionnement stratégique remarquable, dont la Corse fait partie. Cet argument fera peut-être sourire… Mais il n’est plus insensé aujourd’hui de considérer que la violence d’Etats dits « démocratiques » pourrait s’exercer sur d’autres territoires par pure logique de prédation.
Alors face à ces grands bouleversements, nous devons, entre guillemets, « équiper » notre jeunesse en lui transmettant, toujours, les leçons du passé, mais aussi et surtout, en lui confiant des outils pour décider du futur. C’est le sens de la démarche de Corsica Pruspettiva dont je vous présenterai les premiers résultats dans quelques instants. Le travail lancé début 2023 autour de 5 enjeux stratégiques : le changement climatique, le développement humain, les dynamiques économiques, les fractures et les continuités du territoire, les connectivités et les mobilités, les dynamiques institutionnelles. a vocation à alerter, mais également à offrir les clés pour anticiper et construire la Corse de demain. A l’horizon 2050 et plus encore, quel avenir souhaitons-nous collectivement pour nos enfants ?
Si les perspectives actuelles tendent à effrayer les plus pessimistes, l’Assemblée de Corse choisit aujourd’hui d’être du côté des lucides et des courageux, de regarder en face les défis qui se posent à notre territoire et surtout à la génération à venir afin d’y être préparés, et rester maîtres de notre destin. Nous avons déjà été précurseurs et visionnaires dans certains domaines comme la protection de notre environnement, la défense de notre identité, la réduction de la fracture numérique ou encore la maitrise de nos infrastructures stratégiques. Corsica Pruspettiva 2050 permettra de mettre en lumière les points sur lesquels il est vital d’aller encore plus loin compte tenu des enjeux précités.
J’ai bien conscience que la prospective n’est pas la matière la plus populaire, et probablement moins encore en période électorale de surcroit municipale, mais elle est décisive pour qu’un autre futur soutenable soit possible et je suis particulièrement fière, en tant que Présidente de cette assemblée, des travaux que nous avons menés tous ensemble, je remercie l’ensemble des membres du laboratoire de prospective et que nous continuerons à mener en ce sens.
En ce début d’année et vous renouvelant mes voeux de paix et de santé, je citerai ces mots de la grande Hannah Arendt : « Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible. Usez des voluptés présentes de manière à ne pas nuire aux voluptés futures. L’homme est l’avenir de l’homme ».
À ringrazià vi.
* Seul le prononcé fait foi