Cullettività di Corsica - Collectivité de Corse

Le FRAC Corsica propose en partenariat avec la ville de Bastia l’œuvre de Nicolas Momein



Le FRAC Corsica, établissement culturel de la Collectivité de Corse, propose en partenariat avec la ville de Bastia, l’exposition de l’oeuvre de Nicolas Momein, Cul-de-sac (2019), sur la Place Saint Nicolas à Bastia, de vendredi 26 novembre au dimanche 28 novembre 2021.

Antonia Luciani, Conseillère exécutive en charge de la culture, du patrimoine, de l’éducation et de la formation sera présente samedi 27 novembre, à 11h00.

Présentée dans le cadre de la FIAC (Foire Internationale d’Art Contemporain) au Grand Palais à Paris, cette oeuvre consiste en un vieux camion restauré pour aller à la rencontre des passants.

Avec cette oeuvre itinérante, le travail de Nicolas Momein rencontre l’un des axes du FRAC Corsica, qui souhaite aller à la rencontre du public. Cul-de-sac a en effet été conçu comme une exposition mobile qui fait sortir la création plastique des salles d’exposition. Cette proposition relève ainsi du programme hors-les-murs que le FRAC Corsica développe depuis de nombreuses années et qu’il désire intensifier pour que l’art soit accessible à tous.

En faisant appel à un vieux camion et à un matériau d’isolation qui sert habituellement sur les chantiers de construction, Nicolas Momein montre que l’art contemporain n’est pas un objet élitiste, mais qu’il sait au contraire investir tous les domaines pour mieux les interroger ou les détourner. Ainsi, le FRAC Corsica se retrouve dans cette démarche artistique où l’autonomie de la création n'empêche pas l’ouverture au grand public.

La démarche

L’intérieur du véhicule a été aménagé avec de la laine de roche, peinte avec de la bombe de chantier en rouge/orange, ce qui contraste fortement avec le bleu de la carrosserie.
Cette laine de roche donne une apparence aussi bien moelleuse que minérale. Elle procure une certaine étrangeté visuelle, accentuée la nuit grâce à un éclairage interne. Cette approche pleinement picturale cherche à susciter une émotion ambivalente, entre attraction et répulsion.
Le spectateur peut avoir envie d’entrer dans cette grotte artificielle, mais il peut aussi avoir un sentiment d’inconfort face à l’étrangeté. Ainsi, l’oeuvre est significative du regard que le grand public peut avoir sur l’art contemporain. Avec cette pièce itinérante, Nicolas Momein cherche ainsi à sortir l’art de son milieu strictement professionnel. Il prend la route pour inviter les citoyens à venir découvrir cet objet atypique.

Présentation de l’artiste

Photo Jérôme Michel
Photo Jérôme Michel
Né en 1981, Nicolas Momein vit et travaille à Paris. Il est représenté par la galerie Ceysson et Bénétière, galerie d'art moderne et contemporain basée à Paris, New York, Genève, Luxembourg et Saint-Étienne.
L’artiste développe principalement des projets de sculptures, où le processus de fabrication tient une place centrale et devient un élément à part entière dans ses réalisations. Son intérêt pour les matériaux et objets manufacturés, parfois originaux, l’a conduit assez naturellement à penser les conditions de leurs propres élaborations, relevant des connaissances d’artisans, d’ouvriers, d’agriculteurs et autres savoir-faire et métiers.
L’envie de se positionner au plus proche, au contact de ces gestes de travail, de s’en imprégner, d’enregistrer les actes qui façonnent et transforment la matière en produits est au coeur de son oeuvre.
Par ce biais du rapprochement vers le monde de l’entreprise, Nicolas Momeim a déjà eu l’occasion d’effectuer divers travaux collaboratifs, avec des TPE, mais aussi PME, ou entreprises individuelles, proches des lieux de résidence, d’exposition, ou d’atelier, à travers une constante collaboration.

Entretien de Nicolas Momein par Fabien Danesi, Directeur du FRAC Corsica

D’où vient ce camion que tu as décidé de transformer en exposition itinérante ?
N.M. - J'ai acheté et transformé ce camion à la suite d'une proposition qui m'avait été faite par la galerie Ceysson & Bénétière de présenter une sculpture pour les hors les murs de la FIAC en 2019. Une première version avait été réalisée en 2012 à Genève avec un camion qui m'appartenait. Je venais d'être diplômé des beaux-arts de Genève.
Les questions liées à l'autonomie m'intéressaient beaucoup à ce moment-là. L’idée de manifestation temporaire d’un lieu absent, un espace d’exposition autonome (création d’un lieu d’auto-monstration parqué dans l’espace public). Le camion a des caractéristiques se rapprochant de celles d’une petite architecture ou d'un édicule : aspect extérieur, taille, capacité volumétrique.
Le volume réalisé à l’intérieur de celui-ci parasite l’espace par accumulation de laine de roche en suivant les lignes de force du véhicule.
En utilisant l’espace qui me servait de stockage, de transport ou même éventuellement d’abri temporaire, j'ai construit, à l’aide d’un corps de métier compétent, une sculpture à base d’un matériau d’isolation. Il s’agissait de remplir le volume du camion, par projection de matière, autour d’un vide nécessaire laissé par le corps construisant. Le résultat est une pièce hybride, tout à la fois un contenant définissant un espace potentiel, potentiellement pénétrable, un espace d’exposition autonome, une surface à texture organique, un all over monochrome et une sculpture environnementale.
Je voulais aussi que la sculpture intègre toutes les contraintes inhérentes à la logistique d'une oeuvre. Les préoccupations pratiques telles que le transport, l'emballage, le stockage, la livraison.

Qu’est-ce qui t’intéresse dans le matériau employé, la laine de roche ?
N.M. - Ce matériau et cette technique sont normalement utilisés pour l'isolation des bâtiments. Nous en voyons rarement dans les constructions à l'état brut car il est souvent recouvert par d’autres matériaux mais il est visible dans de nombreux lieux de production comme les usines, les ateliers et les écoles. Ces qualités, d'isolant, sa légèreté, sa fragilité et sa mise en oeuvre rapide qui se fait par projection m'intéressent particulièrement.

Ton travail a une dimension à la fois formelle et matérialiste. En cela, tu t’inscris dans une grande tradition de l’abstraction et de la modernité. Quelles sont tes références ?
N.M. - Peut-être plus de postmodernité. J’ai beaucoup regardé les artistes du mouvement italien Arte Povera pour leurs refus de l'identification en s'efforçant de se soustraire à la dépendance du style. Je pense en particulier à certaines oeuvres de Piero Manzoni avec ses achromes et Mario Merz pour ses igloos.
Absalon m'a également beaucoup marqué en interrogeant notre rapport au corps, au déplacement et à l'intimité.
Sol LeWitt pour son travail conceptuel et la définition qu'il en fait.


Page publiée le 25/11/2021 | Modifiée le 25/11/2021 à 17:22


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