Assemblea di Corsica
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Discorsu di a Presidente di l’Assemblea di Corsica di a sessione di i 30 di nuvembre è di u 1u di dicembre


Discours de Marie-Antoinette Maupertuis*, Présidente de l'Assemblée de Corse, prononcé le 30 novembre au cours de la session ordinaire




Sgiò Presidente di l’esecutivu,
Signore è signori i cunsiglieri esecutivi,
Signore è signori i cunsiglieri di l’Assemblea di Corsica,
Care tutte, cari tutti,
 
Je voudrais débuter cette session en ayant une pensée pour trois anciens élus de l’Assemblée de Corse qui nous ont quitté au cours des dernières semaines. Alex Alessandrini, qui a eu plusieurs mandats dans cet hémicycle de 1986 à 2010 et qui a été notamment ancien conseiller exécutif et président de l’ODARC de 1992 à 1998. Charles Santoni, également qui fut élu de la première Assemblée en 1982 et Marie-Jean Vinciguerra, également élu en 1982 puis à nouveau en 1999 jusqu’en 2004 qui a présidé une commission sur la langue Corse. Dans ces circonstances je souhaite que nous ayons une pensée pour eux, et pour leur famille en faisant une minute de silence.
 
Simu stati un pocu in ritardu sta matine per via di a manifestazione chì si tene davanti à u purtonu di a Cullettività. Capimu bè u penseru di u persunale d’Air France è Air Corsica, di e so famiglie è dinò di i Corsi. Accugliemu oghje una delegazione impurtante. Site i benvenuti, averemu u dibattitu annantu à a DSP dopu meziornu. Aspittemu u rapport di l’esecutivu per parlane.
 
Pè introduce u discorsu oghje, vulerebbe sparte incù voi qualchì parolle di l’Abbée Pierre è pensu ch’elle devenu accumpagnà ci ogni ghjornu indè u nostru travagliu d’eletti.
L’Abbé Pierre avait dit : « La responsabilité de chacun implique deux actes : vouloir savoir et oser dire. »
 
Chaque époque a ses grands défis, et notre temps ne déroge pas à la règle. A la différence près que les Hommes ont atteint un niveau de développement et de maitrise tels que nous ne manquons ni de moyens, et d’outils, techniques ou autres, pour régler des problèmes complexes.
L’ingéniosité dont l’humanité a su faire preuve se heurte cependant, et de manière toujours plus violente, à son incapacité à régler des questions pourtant essentielles, parfois anciennes, et qui menacent désormais clairement nos principaux équilibres, y compris nos équilibres vitaux.
Pauvreté, catastrophes naturelles, guerres et conflits ou encore des sujets plus intimes comme les violences sexuelles… bien-sûr, aucun de ces sujets n’appartient à notre temps. Je rajouterais même que l’humanité aurait dû y apporter des réponses depuis plusieurs décennies au regard de tous les progrès réalisés par ailleurs.
Au lieu de cela, et face à la multitude d’options qui s’offrent à nous, force est de constater que souvent, trop souvent, et à tous les niveaux, nous ne voulons pas savoir et nous n’osons pas dire !
Et c’est cette absence chronique de décisions objectivées et courageuses, de réflexions tournées vers l'avenir et en conscience, à conduit à une forme de déliquescence des sociétés dites post-modernes.
Allora mi dicerete, cosa ci preme à noi sta mane stu sugettu ? Vogliu sempliciamente mette qualchì parolle è u mo sguardu annant’à cosa s’assumiglia u mondu in stu nuvembre 2023 incù dui esempii.
Il y a 5 jours, le 25 novembre était la journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes. On l’oublie souvent mais cette journée, née pour rendre hommage à trois sœurs, les sœurs MIRABAL, militantes politiques torturées, violées en incarcération et assassinées sur ordre du chef de l'État dominicain, Rafael Trujillo, le 25 novembre 1961. Ce sujet est encore terriblement d’actualité tant les violences faites aux femmes sont multiples et concernent tous les pays, et dans les conflits actuels, les femmes sont encore des prises de guerre. Toutes les classes d’âge, toutes les catégories sociales sont concernées. Un chiffre : selon l’ONU, dans le monde, on estime que 736 millions de femmes – soit près d’une sur trois – ont subi au moins une fois des violences sexuelles et/ou physiques.
Ma vi pare nurmale à voi sta sorte indegna riservata à a meità di l’umanità  ? Nous sommes mesdames la moitié de l’humanité et pourtant on tolère encore collectivement notre sort.  Il est temps de vouloir savoir et d’oser dire que le monde que nous voulons ne laisse aucune place à cette violence. Alors que l’Italie vit depuis deux semaines des manifestations de grande ampleur à la suite du 106ème féminicide perpétré depuis janvier, en Corse, des femmes souffrent d’emprises psychologiques, d’abus physiques et de violences sexistes et sexuelles. Nous voulons savoir ! Nous voulons comprendre les dynamiques sociales, interpersonnelles et culturelles qui ne permettent pas aux femmes d’obtenir l’aide dont elles ont besoin. Qui ne leur permet pas de pouvoir appeler à l’aide. Nous voulons savoir pour mettre en place des mesures efficientes et adaptées aux enjeux. Et je suis reconnaissante à la Conseillère exécutive Lauda Guidicelli pour la création de l’observatoire des violences faites aux femmes, il y a deux ans exactement. Par ailleurs, des associations, des citoyennes et citoyens s’organisent aussi sur le terrain et j’ai pu voir fleurir ici ou là sur nos bâtiments ces portraits du projet « Quì Dinò » qui disent la violence qui existe aussi en Corse envers les femmes.
 
Deuxième exemple maintenant : au début du mois de novembre, notre île, comme d’autres territoires en France et en Europe, a été touchée lors du passage de deux tempêtes.
Pour la seconde fois en moins de 3 ans, la Corse était frappée par ce qui est présenté comme un épisode météorologique dévastateur. De nombreuses infrastructures, et lieux emblématiques, ont subi des dégâts immenses notamment la route de la Restonica et la capitainerie d’u Portu. Nous devons apprendre de ces désastres et nous ne pouvons plus nous contenter de reconstruire à l’identique. Sur ce sujet, en particulier, nous ne pouvons plus adopter une posture de réaction. Il nous faut anticiper, il en va de la résilience de notre territoire, de ses infrastructures et de la sécurité de ses populations.
Il est impératif, pour cela, de préparer nos politiques pour qu'elles résistent à l'épreuve du temps. Cela exige une compréhension profonde des défis à venir, et une volonté de prendre des décisions qui peuvent ne pas porter leurs fruits immédiatement, seront bénéfiques sur le long terme.
Dans cet esprit, le laboratoire Corsica Pruspettiva 2050 que nous avons créé ensemble est un pas dans cette direction. Ce laboratoire est un centre de réflexion, des élus, où des experts, des décideurs et des citoyens interagissent autour des trajectoires possibles pour notre île à horizon 2050. Je remercie évidemment tous ceux qui y participent.
2050… Cela semble loin, mais ça ne l’est pas, et si nous voulons pour 2050 solutionner certaines des problématiques énoncées auparavant, c’est aujourd’hui qu’il faut vouloir savoir et oser dire.
A ce propos, nous organiserons au mois de janvier 2024, une conférence sur le thème du climat, avec un regard global sur le changement climatique mais aussi des prévisions pour la Corse en 2050, et un focus particulier sur nos villes et espaces ruraux. Sur ce dernier volet, nous offrirons une première analyse des effets du réchauffement climatique sur l’agriculture insulaire, effets qu’il nous faut mieux connaitre et anticiper, comme nous le démontre la situation actuelle de la filière ovine confrontée à une épidémie de fièvre catarrhale que nous avons abordé tout à l’heure.
Pour autant, les stratégies prospectives ne peuvent pas rester « suspendues » « en l’air », elles doivent dialoguer et inspirer les décisions prises aujourd’hui pour demain.
 
Mais revenons au temps présent justement.
Le 23 novembre dernier, nous avons reçu à la Collectivité de Corse, les membres du bureau de la Commission des lois de l’Assemblée nationale. Nous avons pu échanger sereinement et de manière constructive avec une représentation transpartisane de députés pour leur exposer notre projet pour la Corse et le statut d’autonomie que nous souhaitons. Il s’agissait pour cette délégation de savoir, de comprendre. Savoir ce qui guidait le projet d’autonomie, savoir en quoi l’autonomie apporterait des solutions aux Corses. Cet intérêt et cette reconnaissance de nos attentes de la part des députes traduisent l’ouverture et la responsabilité des députés présents. A nous de poursuivre ces échanges, nous en parlerons demain lors d’une séquence dédiée à ce sujet. Nous le ferons en responsabilité, pour à notre tour, que nous osions dire et défendre une vision ambitieuse et éclairée pour notre île et pour nos enfants
 
Alors que ce mois de novembre se termine aujourd’hui, les grands défis restent entiers, et en particulier celui de la pauvreté.
Permettez-moi, alors, pour conclure ce clin d’œil à notre ami François Pernin en reprenant ses mots lors du colloque « Une Corse moins pauvre demain ». Vous étiez nombreux à être présents. « J’ai devant moi une armée qui s’ignore » a-t-il dit pour illustrer à quel point les moyens sont là, les actions sont menées mais une trop grande dispersion pour faire la guerre à la pauvreté. Cette guerre contre la pauvreté qui demande une forte coordination.
 
Nous avons le devoir de prendre des décisions éclairées, responsables et ambitieuses pour le bien-être des générations actuelles et futures. Sachons donc vouloir et osons dire.
C'est notre responsabilité, et c'est notre engagement envers l'avenir.
 
À ringrazia vi !
 

* Seul le prononcé fait foi

Rédigé le Jeudi 30 Novembre 2023 modifié le Jeudi 30 Novembre 2023

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