Assemblea di Corsica

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La Charte pour l'emploi Local adoptée par l'Assemblée de Corse


La charte pour l'emploi local en Corse a été adoptée par l'Assemblée de Corse le 23 mai 2019. Déjà signé par une cinquantaine d'entreprises, le dispositif est destiné à inciter au recrutement local, afin d'agir sur la diminution du taux de chômage des corses et la réduction des phénomènes de précarité croissants dans l’île.



Inciter au recrutement local

La situation du chômage et de l’emploi est une des principales préoccupations des Corses et une priorité des institutions de la Corse.

La structure de l’économie et de la démographie en Corse est peu favorable aux conditions d’emploi : la tertiarisation est très importante, le tissu économique est émietté, la saisonnalité est forte, l’économie est de type « présentiel » et le taux de chômage reste élevé. Pourtant, comme le démontre le solde migratoire positif, la Corse est une terre attractive, particulièrement pour les jeunes ménages avec enfants.

Les études de l’Insee tordent, en effet, définitivement le cou à l’idée selon laquelle la Corse ne recevrait que des retraités. Le solde migratoire annuel est constamment positif, se stabilisant aux alentours de 4000 nouveaux résidents. La croissance de la population en raison soit de l’afflux saisonnier, soit du solde migratoire positif, renforce le caractère présentiel de l’économie corse en orientant les activités économiques principalement vers la satisfaction des besoins de la population.

Ainsi entre 2006 et 2013, le nombre d’emplois augmente de 14%, soit 15 000 emplois de plus pour la période. La majorité des emplois créés l’a été dans les secteurs du commerce, du tourisme (hébergement et restauration), de l’aide à la personne et de la construction. L’accroissement de la population pourrait contribuer d’une certaine manière à augmenter la richesse de la Corse. Mais, en même temps que la population, en particulier la population active, a cru, le nombre de demandeurs d’emploi a explosé. Le marché de l’emploi corse se caractérise donc par un paradoxe : le nombre d’emplois augmente en dix ans mais le nombre de chômeurs ne cesse de progresser au cours de la même période.

Depuis plusieurs années, la Corse est ainsi prise dans un cercle vicieux : plus elle est attractive, plus la situation des Corses se dégrade. D’ailleurs l’enthousiasme du directeur de la Banque de France qui faisait état dans un article de Corse matin du 22 février 2018 d’une « embellie vigoureuse » de l’économie corse, doit être tempéré par le fait que le chômage, lui, ne connaît toujours pas de diminution et que 20% de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Ce cercle, qui est une particularité du marché de l’emploi insulaire, deviendra à terme insupportable socialement. Depuis un certain nombre d’années les effets se font sentir dans le quotidien des Corses et le mouvement de novembre 2018 dit des « gilets jaunes » en fut l’expression paroxystique. Dès leur arrivée aux responsabilités, les responsables de la Corse avaient pris un certain nombre de mesures visant à lutter contre la pauvreté. Ils ont aussi formulé des propositions de solutions aux problèmes récurrentes des prix des carburants et de l’alimentation  , tout en votant le principe de la création d’un fonds de dotation pour traiter les urgences sociales.

En créant les conditions pour l’essor d’une économie productive créatrice d’emplois, il convient de rationaliser les différentes actions publiques pour un meilleur appariement entre l’offre et la demande, entre les besoins et les formations ; de rendre transparent le marché de l’emploi, en faisant en sorte que les opportunités d’emploi et les potentialités de développement bénéficient prioritairement aux Corses. Ce mouvement doit nécessairement accompagner l’évolution de l’économie corse vers la création d’emplois qualifiés en s’appuyant en cela sur une politique fiscale et sociale adaptée.

Les effets conjugués et annoncés de la mondialisation et de la révolution technologique suscitent des craintes, de la précarité parfois, et plus souvent encore, un rejet conjugué des institutions et des élus. L’idée selon laquelle il n’y aurait aucune alternative réaliste aux effets de la mondialisation, que celle-ci serait naturellement ultra-libérale est développée depuis les années quatre-vingt.

Ce renoncement des politiques face au principe du moins-disant est perçu comme un chantage injuste et inégalitaire. Il explique les différentes crises politiques, de la paralysie de l’Union européenne à la montée des populismes, en passant par le mouvement des gilets jaunes. Le point commun de tous ces mouvements est qu’ils se fondent sur une demande de retour du politique pour protéger, pour accompagner, et non pour subir ou pour contempler les dégâts causés par une mondialisation rejetée car trop brutale.

Alors que le Brexit marque un tournant dans l’histoire de l’Europe, il en va de la cohésion sociale à l’échelle de nos territoires, comme de la cohésion politique de notre continent. La Corse ne va pas enrayer à elle seule les mécanismes et les traités mis en place à l’échelle internationale par l’OMC ou par l’UE. Elle doit cependant apporter sa contribution démocratique à la transition écologique par un accroissement des productions locales, dans l’agriculture comme dans l’industrie, par une meilleure formation de ses jeunes et de ses actifs, par une plus grande qualification de ses emplois pour adapter ses formations aux emplois de demain dont nous souhaitons que leur valeur ajoutée soit supérieure à celle d’aujourd’hui.

Aussi bien les transformations globales de l’économie, les caractéristiques et mutations du marché de l’emploi, la structure du tissu productif que l’état de la formation, motivent la mise en œuvre de la Charte en faveur de l’emploi local. Celle-ci marque, par ailleurs, l’engagement des institutions de la Corse pour que la politique de développement économique et social qu’elles ont initiée, soit profitable aux Corses. Les premières signatures ont eu lieu à Bastia le 24 mai 2017 puis à Aiacciu le 18 juillet 2018.

Dès lors le Préfet de Corse et la DIRECCTE ont contesté son principe en avançant que la charte pouvait être discriminatoire. Cette affirmation parait radicalement fausse compte-tenu de l’existence de chartes similaires à Paris ou dans l’Ile de La Réunion. Elle est d’autant plus surprenante que, lors de la première réunion le 29 mars 2016, le Directeur régional de Pôle emploi s’était déclaré favorable à la charte et le Recteur de l’Académie avait marqué sa solidarité à la démarche

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Rédigé le Jeudi 23 Mai 2019 modifié le Jeudi 23 Mai 2019

              

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