Assemblea di Corsica

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Santé : "Mener une réflexion globale et définir des actions structurantes"


Lors de l'ouverture des premières Assises de la santé, Jean-Guy Talamoni, Président de l'Assemblée de Corse, a rappelé la détermination de la majorité territoriale à agir pour assurer à chacun l'accès aux soins



Monsieur le Président du Conseil exécutif de Corse,
Madame la Conseillère exécutive en charge de la santé,
Monsieur le Député, Président de l’Observatoire Régional de la Santé,
Monsieur le Président du CESEC,
Monsieur le représentant du Président de l’Université de Corse Pasquale Paoli,
Mesdames et Messieurs les élus,
Madame la Directrice Générale de l’Agence Régionale de Santé,
Mesdames et Messieurs les Directrices et Directeurs,
Mesdames et Messieurs les professionnels de la santé,
Un salut particulier à nos amis de Saône et Loire, de Martinique et de Guadeloupe. Soyez les bienvenus.
Mesdames, Messieurs,
 

Sans grande originalité, à l’instar sans doute de tous les autres peuples de la terre, les Corses placent la santé au premier rang de leurs préoccupations. En revanche, la question plus précise de l’accès aux soins prend dans notre pays un relief particulier, compte-tenu des carences du système actuellement en place. Déserts médicaux, infrastructures de soins vieillissantes ou absentes, manque de matériel, délais de rendez-vous très longs, tel est le constat que nous pouvons tous faire, que nous soyons élu, soignant, patient ou aidant…
C’est également une préoccupation majeure pour notre majorité territoriale bien que cela soit une compétence de l’Etat. En charge des intérêts matériels et moraux du peuple corse, nous avons travaillé depuis notre accès aux responsabilités à la reconnaissance de nos particularités liées à la démographie, à l’insularité et la ruralité en termes de santé publique. Nous pensons avoir pleinement pris la mesure de la problématique et avons exprimé avec détermination notre volonté politique de nous saisir de ces questions et d’agir concrètement et efficacement. En témoignent ces assises de la santé, que vous pilotez Madame la Conseillère exécutive, et nous vous remercions pour cette initiative inédite.
 

Je le disais, suite à la reconnaissance du statut d’île montagne, nous avons obtenu un volet propre à la Corse au sein de la Stratégie Nationale de Santé mais également la hausse de 3% du coefficient géographique – hausse le faisant passer de 8% à 11% - soit un financement annuel supplémentaire de 4,5 M€ et l’attribution d’une enveloppe de 990 000€ pour le service
de radiothérapie de Castellucciu et de 500 000€ pour l’Hôpital de Bastia en néonatologie et neurochirurgie.
 
Pour autant, cela ne suffira pas. Je rappelle qu’il y a seulement deux jours le personnel de l’hôpital de la Miséricorde à Aiacciu était en grève pour dénoncer le manque de moyens. Un accord a été trouvé et nous nous en félicitons mais nous savons tous que l’équilibre est très difficile à maintenir. La situation extrêmement tendue s’agissant des urgences et dont les flux sont impactés par la saisonnalité, comme celle de la psychiatrie, qui est délaissée depuis trop longtemps, nous interpelle tout particulièrement.
 
Cela nous renforce dans l’idée que la Corse doit être dotée d’un pouvoir législatif et règlementaire de plein exercice afin de pouvoir adapter les lois et les règlements à ses propres réalités et contraintes socioéconomiques, dans le but de doter notre pays d’un système de santé plus juste, moderne et pérenne, digne du XXIème siècle. Si le numérique pourra apporter des solutions pertinentes aux contraintes liées à l’insularité, il nous revient de concevoir un dispositif taillé sur mesure pour les solidarités, la prévention et la santé de tous.
 
Les difficultés financières et d’équipement de la plupart des établissements publics, les manques dans les domaines tels que ceux de l’enfance, de la gériatrie, de la psychiatrie, de l’oncologie pédiatrique ou encore du handicap démontrent que les approches sectorielles sont insuffisantes. Si nous soutenons les démarches visant à l’amélioration des conditions de déplacement et d’hébergement sur le continent pour raison médicale, notre objectif demeure néanmoins de permettre aux malades d’être soignés en Corse, au plus près de leur domicile, avec un haut niveau de technicité. A cet égard, il nous revient de soutenir et d’organiser la télémédecine, tout comme le déplacement de soignants de haut niveau dans nos hôpitaux.

Il était devenu nécessaire de réunir tous les intervenants publics et privés, pour mener une réflexion globale et ainsi définir des actions structurantes, plutôt que des actions ponctuelles et isolées qui, comme on a pu le constater trop souvent, sont inopérantes.
C’est ce que vous vous apprêtez à faire durant ces deux journées qui, je n’en doute pas, seront riches d’enseignement et de propositions.
 
A travers ces assises, notre majorité territoriale confirme sa détermination à agir pour permettre à chaque personne vivant sur cette île d’accéder à un droit fondamental, celui de se soigner.
 
Je vous remercie et vous souhaite de bons travaux.

Rédigé le Vendredi 5 Juillet 2019 modifié le Vendredi 5 Juillet 2019

              

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